L’école… c’est pas automatique


COMMENTAIRES

Ca fait très longtemps que je n’ai plus écrit.

Ne connaissant pas bien l’interface j’ai, par mégarde, effacé tous vos commentaires avant même d’avoir pu les lire. C’est pour cette raison que je ne peux y répondre. Si vous repassez par ici, peut-être pourriez-vous me redire, en substance, vos réactions du moment ? Je suis désolée de ne pouvoir faire mieux.


LE DÉTAIL QUI TUE

Mon mari a rempli le dossier d’inscription au CNED.

Dans la case motif d’inscription il a écrit : école à la maison quand j’aurais noté instruction à la maison.

Détail qui a son importance car jamais au grand jamais je n’ai en tête de « faire l’école à la maison. »


SLAM À L’ÉCOLE

Robin (classe de cm1/cm2 école d’Hénouville) :

Quand j’me lève à sept heures trente le matin
j’vous toujours l’même décors
alors j’déjeune, j’m'habille et j’vais dehors
après j’pars à l’école
j’retrouve mes potes et j’entends une voix
moi j’ai toujours des bonnes notes
quand j’rentre dans la classe, j’pose mon cartable j’m'assois à ma place
avec ce gros stress, j’récite ma leçon en détresse
l’après-midi c’est plus cool parce que l’matin ça m’soule
le soir j’goûte j’fais mes d’voirs et j’vais dehors
faut m’croire

Et moi, si j’vous dis que j’sens les pleurs
d’entendre tout leur malheur
j’me demande où ils ont enterré leur bonheur…


PÂTES « ALPHABET »

Le petit dernier commence à s’intéresser à la lecture.

Je lutte contre ma peur de ne pas savoir, de ne pas y arriver.

Les sites d’enseignants en parlent d’une telle manière que tout semble extrêmement technique et compliqué.

Mieux vaut que je lise et relise à l’envie les témoignages de parents déscos qui sont déjà passés par là, m’imprégner de leur enthousiasme, m’appuyer sur leur expérience et constater quelle aventure passionnante et excitante c’est que d’accompagner ses enfants sur le chemin de la lecture.

De temps en temps, nous écrivons un mot, en gros et en gras, je lui montre ceux qui reviennent le plus souvent dans les lectures et intérêts du moment :
- son prénom, celui de son frère ainsi que des membres de la famille, des amis et connaissances,
- les objets familiers,
- les aliments,
- les personnages d’histoires lues et relues etc.

Le quotidien fourmille d’écrits et j’en prends d’autant plus conscience en l’accompagnant jour après jour. La recette du gâteau, le mode d’emploi d’un jeu nouvellement acquis, le plan du métro et le nom des stations, l’étiquette d’une boîte de conserve, un panneau publicitaire, un prospectus, le courrier du jour… tout y passe, à la maison, dans la rue en tous lieux en toutes circonstances. Il m’arrive de me demander pourquoi il fleurit tant de livres intitulés « comment motiver les enfants à ceci ou cela. » Je sens la menace latente :
- tu verras plus tard combien ça va devenir difficile…
Peut-être, peut-être pas, nous verrons bien. Pour l’heure, nous avons acheté des pâtes « alphabet… »


COURRIERS ADMINISTRATIFS

D’ici quelques jours, nous enverrons les courriers administratifs déclarant au maire ainsi qu’à l’inspecteur de l’éducation nationale que notre fils aîné sera instruit à la maison. Son petit frère lui est encore trop jeune pour être « soumis » à l’instruction obligatoire.
Personne ne songe encore à changer de rythme.

Cette semaine, nous ne sommes que très peu sortis. J’étais très fatiguée et les enfants étaient heureux d’avoir du temps pour revoir à loisir les cassettes vidéo délaissées depuis plusieurs mois, les DVD empruntés à la bibliothèque et prendre le temps de faire de petites choses plaisantes sans importance.
Tard dans la nuit, j’ai fabriqué de la pâte à modeler. Précédemment, je suivais la recette qui contenait de l’alun de potassium. Ca s’achète en pharmacie pour une somme modique (je chercherai le prix si ça intéresse quelqu’un). Il faut s’attendre à trouver en face de soi, une personne qui roule des yeux ronds comme des billes et qui, après explication (facultative), promet de passer la commande. Cette fois, la recette est simplissime (merci à la maman qui me l’a envoyée) :

1 tasse de farine
1/2 tasse de sel fin
1/2 tasse de farine de maïs (exemple : Maïzena)
1 tasse d’eau
2 cuillères à soupe d’eau
colorant alimentaire (personnellement, je l’achète dans les épiceries orientales)
Mélanger la farine, le sel et la farine de maïs. Délayer avec la tasse d’eau additionnée de colorant alimentaire jusqu’à obtention d’une pâte lisse. En dernier lieu ajouter l’huile.

Faire cuire la pâte à feu très doux. Lorsqu’elle est difficile à tourner et qu’elle ne colle pas au doigt, la retirez du feu puis la laisser refroidir.

Une fois bien refroidie, la ranger dans une boîte hermétique (conservation : plusieurs mois). Ne faites pas la même erreur que moi en la rangeant encore tiède car j’ai dû la remettre en peu sur le feu pour la faire sécher (elle collait aux doigts, probablement à cause de la condensation contenue dans la boîte).

Les enfants ont passé une grande partie de la journée à jouer avec cette pâte à modeler maison. L’aîné est à une période charnière où il n’est plus un petit enfant et pas tout à fait un grand. C’est assez déstabilisant de la voir osciller entre deux mondes. Il a grandi, je n’ose plus lui faire de câlins comme avant et lui ne comprend pas toujours mon attitude. Il me repproche de lui préférer son petit frère. Les malentendus sont vite arrivés si l’on n’y prend pas garde alors je lui explique la raison pour laquelle je n’ose plus le materner comme avant. On repart du bon pied, lui ré-assuré de mon affection et moi, consciente que ça ne durera pas toujours.

Son petit frère lui, est encore… petit ! Ca ne l’empêche pas de crier haut et fort à qui veut (et ne veut pas) l’entendre qu’il n’est plus un bébé. Il s’est régalé avec sa pâte à modeler bien souple pour ses petits doigts. En le regardant faire, je constate qu’il a beaucoup changé. Il a acquis de la précision dans ses gestes (hier, j’ai eu la surprise de voir qu’il savait colorier à l’aide d’un pochoir… c’était magique). Pour découper sa pâte, je lui confie une planche à découper avec un couteau à dents. Même si j’ai un peu peur qu’il se coupe, je me tais, je prends le parti de croire en sa capacité à faire attention. Et ça marche ! Depuis très longtemps il manipule le couteau pour découper des petits morceaux de légumes. Je ne détache pas mes yeux de ses mains tout en ayant l’air de ne pas m’occuper de lui. Je suis contente de ne pas lui dire « non, » de m’asseoir sur mes peurs, mes a priori, de lui faire confiance, de lui offrir la possibilité de faire attention à lui même si ce n’est pas du tout ainsi que l’on traite les tout petits enfants en occident. Avec sa pâte, il a fait des boules, des boudins, des billes… il a fait des échanges avec son aîné, ils se sont aidés mutuellement.

Je suis fascinée de voir tout ce qui se passe autour d’une simple boule de pâte.

Un peu plus tard dans la journée, nous avons sorti la boîte des tampons.

COURRIERS ADMINISTRATIFS dans UN JOUR APRÈS L'AUTRE 215934239_5a426b2f2c_m

Il y a parfois, dans les recoins de la maison, des petits gisements d’objets intéressants restés inexploités parce qu’ils n’ont pas surgi au moment opportun. Quelle formidable surprise j’ai eu lorsque j’ai découvert que nous avions toutes les lettres de l’alphabet en minuscules et majuscules en plus de toutes sortes de petits motifs (fleurs, animaux, objets etc). J’ai cédé à la tentation de montrer quelque chose qu’on ne me demandait pas : PAPA Mon enfant n’a montré aucun intérêt à ce que je faisais et pour cause, il avait fixé son attention sur autre chose et je le dérangeais. Se taire, ne pas intervenir, ne pas déranger, ne pas diriger, ne pas faire les choses avec une intention derrière la tête. Combien de temps est-ce que cela va me prendre pour y arriver ? Ce qui intéressait mon fils, c’était de savoir comment on changeait le motif des tampons, de quelle manière on l’encrait et comment il fallait appuyer pour que le dessin apparaisse sur la feuille. Appréhender les choses dans l’ordre… ça m’avait complètement échappé. Arrivé au bout de sa curiosité, nous avons rangé. Pas n’importe comment, surtout pas « sans y penser. » Le plus intéressant naît des gestes les plus anodins. Ranger oui mais regarde, je mets les bleus, toi, tu les recouvres avec les rouges tandis que je rajoute les verts par-dessus. Repérer les couleurs, organiser, se synchroniser, trier… et puis, stupeur… regarde, ça et ça, c’est pareil ! C’est un « p » qui ressemble beaucoup à « P. » Il a déjà repéré que la même lettre s’écrivait de plusieurs manières. Je l’écoute, je confirme et surtout, je me mords la langue pour ne pas en dire plus. Je pense à Françoise Boulanger et son livre « le bonheur de lire » laissé en plan depuis plusieurs semaines. Je ne sais pas trop quoi faire… approche volontariste, approche unschooling… le futur contrôle de l’inspecteur plane au-dessus de nous, un brin menaçant. Comment savoir s’il aura le déclic précoce ou tardif ? J’aimerais laisser mon enfant faire les choses à son rythme seulement, s’il ne s’y intéresse qu’aux alentours de dix ans, l’éducation nationale nous en fera voir de toutes les couleurs, même si, au final, il saura lire comme les autres. C’est tout le problème que rencontrent les parents qui ont choisi une autre voie que l’école. La loi dit une chose mais l’éducation nationale en dit une autre. Il arrive qu’elle outre-passe ses droits. Une famille se retrouve au tribunal parce que leur enfant de sept ans ne sait pas (encore) lire. On a très vite fait de parler de carence éducative… Les parents qui, comme tous les parents, ne veulent pas d’ennui, doivent jongler entre leurs convictions et leurs peurs, entre la loi et la pratique, entre le droit et la menace… latente.


FIN DE SAISON… ou presque

Je n’ai pas vu l’été passer.

Les enfants sont en vacances depuis la mi-juin.

Rien de ce que j’avais prévu n’a été fait, j’ai préféré leur laisser une totale liberté. D’ailleurs, si cela ne tenait qu’à moi, je continuerais ainsi. Les discussions sur le unschooling bousculent les habitudes trop bien ancrées. Il faut du temps pour que l’idée fasse son chemin. Les grands virages qui nécessitent des changements en profondeur, des remises en question très importantes ne viennent pas en claquant des doigts. Changer de repères, abandonner les rails des automatismes, se remettre en question et dans la foulée, remettre la société en question, se creuser la tête pour aménager le quotidien pour qu’il soit plus en adéquation avec nos besoins, nos objectifs, nos idéaux, regarder en arrière et prendre en compte le poids de l’éducation, se prendre en charge, grandir, prendre conscience des contraintes supportées jusqu’ici parce qu’elles semblaient « aller de soi » et tout mettre en œuvre pour s’en défaire, rester vigilants pour ne plus les accepter… tout cela demande du courage, de l’énergie, de la vigilance, de l’honnêteté, de la conviction et de la force.
La vie sans école ne s’arrête pas à l’aspect « scolaire. »


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